Publié au début du mois de mars 2023, le baromètre Prism, réalisé par Agriconomie et Réussir, cherche à mieux identifier les parcours et les besoins des agriculteurs français. Son classement repose sur plusieurs dimensions : la vision de l'évolution du métier, la place accordée aux attentes de la société et aux enjeux environnementaux, ainsi que l'usage du numérique.
L'enquête en ligne, menée entre décembre 2022 et janvier 2023 auprès de 1 760 agriculteurs, distingue cinq profils. Ces catégories ne sont pas des étiquettes définitives : elles servent surtout à rendre visibles des motivations, des habitudes et des attentes différentes.
Les « tortues », plus prudentes face aux nouvelles technologies
Les agriculteurs décrits comme indépendants et ouverts constituent le groupe des « jaguars », qui représente 24 % des répondants. Leur priorité est de renforcer l'autonomie de l'exploitation et de maîtriser les charges. Ils se montrent aussi engagés dans des démarches de qualité et de prise en compte de l'environnement.
À l'autre extrémité, les « tortues », soit 19 % des personnes interrogées, se montrent plus prudentes face aux nouveautés. Elles expriment davantage le besoin d'un accompagnement de la part des organisations agricoles et privilégient une évolution progressive de leurs pratiques.
Des « chats » routiniers aux « lions » qui innovent
Le groupe des « chats » représente 21 % de l'échantillon. Ces agriculteurs recherchent moins de conseils extérieurs et utilisent volontiers internet pour trouver des informations ou des solutions. Ils restent cependant attachés à des habitudes bien établies, tout en appréciant les services de commerce en ligne.
Les « lions », qui représentent 19 % des répondants, manifestent une appétence plus nette pour les nouvelles technologies. Ils exploitent en moyenne des structures plus importantes, se déclarent confiants dans l'avenir et se positionnent comme des moteurs du changement.
Les « abeilles », un profil tourné vers le collectif
Dernière catégorie, les « abeilles » regroupent 15 % des agriculteurs interrogés. Elles sont associées à des démarches de qualité et environnementales, ainsi qu'à une recherche régulière de connaissances. Les échanges avec le collectif occupent une place importante dans leur manière d'avancer.
Ce découpage rappelle surtout que le monde agricole ne forme pas un ensemble homogène. Les attentes varient selon les trajectoires, les territoires, la taille des exploitations et le rapport aux outils disponibles. Pour les accompagner, les dispositifs doivent donc rester attentifs à cette pluralité.