Le secteur de l'alimentation animale aborde avec prudence la question des protéines animales transformées, souvent désignées sous le nom de farines animales. Leur évocation reste liée aux crises sanitaires des années 1990. Depuis, les règles européennes ont été profondément revues et distinguent précisément les matières autorisées, leur origine et leurs usages.

La réouverture de certaines possibilités, décidée à la fin de 2021, ne constitue donc pas un retour aux pratiques du passé. Elle s'accompagne d'un cadre destiné à séparer les catégories de matières et à maintenir une traçabilité stricte.

À retenir

Les protéines animales transformées autorisées sont produites à partir de parties d'animaux propres à la consommation humaine, mais peu valorisées dans l'assiette. Leur utilisation reste encadrée et dépend aussi de la demande des filières.

Un changement de définition et de nom

Les nouvelles farines relèvent de la catégorie des protéines animales transformées, ou PAT. Elles peuvent être fabriquées à partir de parties issues d'animaux sains destinés à l'alimentation humaine, comme des morceaux peu consommés ou dont la valorisation est difficile.

Cette définition les distingue des anciennes farines animales, dont certaines matières premières sont aujourd'hui exclues. Les règles actuelles écartent notamment les animaux morts avant l'abattage ainsi que les tissus considérés comme présentant un risque sanitaire. Le traitement, la séparation des flux et les contrôles doivent répondre à des exigences précises.

Des protéines intéressantes, mais une organisation exigeante

Sur le plan nutritionnel, ces matières sont riches en protéines et pourraient, dans certains cas, être produites au plus près des filières. Elles sont aussi présentées comme une piste parmi d'autres pour diversifier les sources de protéines utilisées dans les rations.

Leur développement demanderait toutefois une organisation logistique dédiée. Les fabricants d'aliments pour animaux devraient adapter les installations, isoler les flux et documenter chaque étape. Ces investissements ne seraient engagés que si les éleveurs et les marchés acceptaient effectivement ces ingrédients.

Une acceptation qui reste à construire

La perception des consommateurs demeure déterminante. Le souvenir des crises sanitaires pèse encore sur l'image de ces produits, même lorsque les matières premières et les contrôles ne sont plus les mêmes.

Le débat s'inscrit également dans une réflexion plus large sur l'autonomie protéique et la dépendance aux importations. Les PAT ne constituent pas une solution unique, mais elles font partie des options examinées par les acteurs de l'alimentation animale. Leur place dépendra autant du cadre sanitaire que de la transparence des filières et de l'acceptation collective.